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Le laboratoire SACRe et l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs ont le plaisir de vous inviter à la soutenance de thèse d’Antonin Mongin (promotion 2017, SACRe-EnsAD, mention design) intitulée : « L’artisanat d’art du cheveu coupé : Le cheveu comme matière à création  d’une recherche par la pratique du design textile ».

La soutenance se déroulera au Bastille Design Center, le 18 février 2022 à partir de 14 h (jauge d’accueil de 100 personnes dans le respect des distanciations sociales). L’exposition des travaux de recherche aura lieu le jour de la soutenance et se poursuivra le lendemain, samedi 19 février 2022, jusqu’à 18 h au sein du même lieu.

Jury de thèse :

– M. Jean-François BASSEREAU, (Dr, HDR), Professeur, ENSAD, directeur de thèse

– Mme Aurélie MOSSE, (Dr), Maître de conférence, ENSAD, co-directrice de thèse.

– Mme Anne MONJARET, (Dr, HDR), Directrice de recherche, CNRS-EHESS, rapporteuse.

– M. Denis BRUNA, (Dr, HDR), Directeur de recherche, École du Louvre, rapporteur.

– Mme Tincuta HEINZEL, (Dr), Maître de conférence, Loughborough University, examinatrice.

– M. Philippe VROMAN, (Dr), Associate professor, ENSAIT, examinateur.

 

Résumé de thèse :

De par sa nature imputrescible, et le vécu de l’individu dans sa structure, le cheveu présente des propriétés d’élasticité, de résistance, de plasticité, d’hydrophilie, et hygrométriques.

Ses attributs (d’origine et identitaires), et les valeurs qui lui sont attribuées, sont plus ou moins symboliques (profanes et sacrées). Ils permettent de l’assimiler à une fibre, ayant déjà été utilisée pour la création d’objets décoratifs ou de témoignages au XIXe siècle. Le cheveu coupé est de ce fait, un matériau à part dans l’histoire des métiers d’art comme en sciences des matériaux.

L’ensemble met en tension notre question de recherche : « Comment réveiller, en le réinventant de manière pérenne, « l’Art de travailler en cheveux ? ».

S’il est indispensable de préciser ce qu’est une recherche par la pratique du design (sa distinction d’une simple pratique), avec sa mobilisation récurrente des activités relevant de la recherche, on notera que ce travail s’inscrit dans la continuité des résultats pratiques obtenus lors du projet de diplôme Relic’Hair en design textile et matière, développé à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs à partir de 2015.

Cette recherche par la pratique, bien que faisant appel à des compétences de création liée à une formation initiale en design textile, s’invente pour entrer en dialogue avec le questionnement sur le cheveu coupé, dans sa matérialité et dans ses représentations.

L’objectif est de le situer dans une nouvelle catégorie de matière à création destinée à l’artisanat d’art, aux propriétés spécifiques et aux valeurs d’origine, de remémoration intentionnelle, historique (de savoir-faire), symbolique et sentimentale liées à leurs propriétaires, renouant avec les prémices et l’âge d’or de « l’Art de travailler en cheveux » au XIXe siècle.

Cette recherche confronte et analyse les spécificités de tout artisanat d’art, notamment ses notions de savoir-faire et ses résultats associés. En particulier, elle nous invite à s’intéresser aux relations qui peuvent exister entre métiers d’art et innovation.

Une exploration historique de « l’Art de travailler en cheveux », de sa genèse à son éclipse, nous permet d’identifier certaines causes de sa disparition. Transformées en premières hypothèses, elles rejoignent les clés de lecture des grandes variations des pratiques autour de l’utilisation des cheveux coupés sur plusieurs siècles (en artisanat d’art et en design).

Au fil de nos expérimentations, nous introduisons des séries d’hypothèses à valider – tout en obtenant des résultats de praticiens – des objets en sur-mesure, spécifiques comme les cheveux coupés liés au projet, à son propriétaire et commanditaire. Ainsi, nous interrogeons ce matériau « humain », en travaillant sur ses particularités et en faisant appel à des notions de valeurs complémentaires aux propriétés habituellement prises en compte en science des matériaux.

Les premiers résultats visent à relancer une pratique artisanale éclipsée depuis le début du XXe siècle, pour des raisons qui servent de socle à sa renaissance, et expérimentées par autant de preuves de concept. Nous proposons un cheminement méthodique initiant le réveil d’un métier d’art par une recherche par la pratique du design textile, où le geste, contrairement à ce que peut nous faire croire la littérature sur l’apprentissage, ne se transmet pas, mais s’invente au cours d’un projet, à condition de travailler le matériau comme un tout, et non par sa seule partie ramenée à sa matérialité.

 

Pour plus d’informations :

https://softmatters.ensadlab.fr/

https://softmatters.ensadlab.fr/hair-work-craft/

https://www.ensad.fr/

https://www.instagram.com/antoninmongin/

https://www.instagram.com/softmatters_ensadlab/